Si l’Hôtel de Ville m’était conté !

(suite et fin)

Cet été, nous vous proposons de découvrir l’histoire de l’Hôtel de Ville d’Angoulême en trois temps, en voici la dernière partie, racontée par notre ancienne archiviste Geneviève Gascuel et Florent Gaillard en 2011, avant même qu’il ne soit classé Monument Historique.

Paul Abadie, l’architecte qui voit grand.

Cette belle figure de l’architecture dont l’oeuvre la plus célèbre au monde est le Sacré Coeur de Montmartre a passé une partie de son enfance à Angoulême où son père était architecte et construisait le palais de Justice, le lycée Guez de Balzac et bien d’autres monuments.

Après des débuts très brillants à Paris dans l’entourage de Viollet le Duc notamment à Notre Dame de Paris, Paul Abadie fils œuvra en Charente notamment à la restauration de la cathédrale Saint-Pierre. Bourrut-Duvivier qui était son ami lui fit confiance pour entreprendre la construction de l’Hôtel de Ville dans le château. En 1858, fut posée la première pierre du futur palais municipal avec une truelle de vermeil achetée en 2010 par la Ville d’Angoulême.

Pour cette « maison de tous » Abadie veut le plus beau, le meilleur matériau, les artisans les plus reconnus, la décoration la plus luxueuse. Les devis gonflent de plus en plus, les démolitions se font plus larges avec la destruction non prévue au départ du logis du comte Jean. Elle entraine une polémique, des démissions. Finalement seules deux tours anciennes subsisteront : le donjon et la tour ronde.

« La maison de tous »

La redécouverte des libertés communales médiévales va être à l’origine de cette extraordinaire « maison de tous » véritable palais avec son beffroi inspiré des villes du Nord et ses architectures marquées par l’influence gothique et renaissance. La première commune d’Angoulême n’a t’elle pas été fondée en 1204 puis restaurée en 1373 par Charles V comme le montre le tympan sculpté du beffroi.

Le pouvoir municipal est ici magnifié, lui qui fut au Moyen Age, l’ébauche de la démocratie moderne. Un adage médiéval affirmait « L’air de la Ville rend libre ».

Les trois fonctions majeures du bâtiment vont se trouver chacune marquées par une architecture particulière. Au nord, le beffroi et le pouvoir qu’il exprime avec le cabinet du maire et des adjoints
et au rez de chaussée un vaste péristyle ouvert peuplé de colonnes et chapiteaux. A l’Ouest et à l’Est les bâtiments de l’administration d’une ordonnance plus stricte. Enfin au Sud la représentation avec un magnifique escalier et une enfilade de salons dont le plus vaste doté d’une monumentale cheminée, d’une loge des musiciens. Un soin important est apporté aux détails : peintures, sculptures, parquet. Rien n’est assez beau pour décorer ces magnifiques salons qui aujourd’hui représentent l’un des rares décors de cette ampleur encore subsistant en France dans ce style Napoléon III.

Le palais des citoyens d’Angoulême, chef d’œuvre d’Abadie, demeure au cœur de la ville un lieu vivant, accueillant, témoin des grands évènements qui ont fait et qui font l’histoire d’Angoulême et de ses citoyens.

En 1858, fut posée la première pierre du futur palais municipal avec une truelle de vermeil achetée en 2010 par la Ville d’Angoulême. Fonds AMA
L’Hôtel de ville d’Angoulême. Carte postale, fonds AMA.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.


Square Girard II
Rue Corneille
16000 Angoulême
| 05 45 95 79 88

134 rue de Bordeaux
16000 Angoulême
| 05 45 92 73 43

33 avenue Jules Ferry
16000 Angoulême
| 05 45 38 91 97

Musée du Papier
134, rue de Bordeaux
16000 Angoulême
| 06 22 44 12 59

|