Si l’Hôtel de Ville m’était conté !

Cet été, nous vous proposons de découvrir l’histoire de l’Hôtel de Ville d’Angoulême en trois temps en voici la première partie, racontée par notre ancienne archiviste Geneviève Gascuel et Florent Gaillard en 2011, avant même qu’il ne soit classé Monument Historique.

Visible des kilomètres à la ronde, le beffroi de l’Hôtel de Ville d’Angoulême témoigne par sa hauteur des libertés jadis octroyées aux citoyens de la cité. Après des siècles d’itinérances, la maison commune s’est fixée au XIXe siècle à l’emplacement de l’ancien château des comtes d’Angoulême. Cet édifice néo médiéval fut élevé sous le Second Empire par le célèbre architecte Paul Abadie.

Six siècles pour faire son nid !

Fondée en 1204 par le roi d’Angleterre, Jean sans Terre époux de la belle angoumoisine Isabelle Taillefer, restaurée en 1373 par le roi de France Charles V, la commune d’Angoulême peut s’enorgueillir d’appartenir aux très anciennes communes du pays de France. Cette prestigieuse histoire n’entraîna pas hélas la construction d’une « maison commune » telles que certaines subsistent dans le nord du pays. Entre le XIIIe et le XIXe siècle la mairie fut hébergée dans de nombreux locaux disparus aujourd’hui et dont l’intérêt architectural n’était guère exceptionnel.

Du château Comtal au Palais Municipal :

La forteresse des comtes d’Angoulême fut élevée à la fin du XIIIe siècle. Ils résidaient auparavant dans le palais dont quelques éléments subsistent rue Taillefer. Le château neuf fut doté d’un haut donjon polygonal entouré d’épaisses murailles et de tours.
À l’époque de la Guerre de Cent ans et de l’occupation anglaise, le prince de Galles plus connu sous le nom de « Prince Noir » en raison de la couleur de son armure, y tint sa cour. Au XVe siècle, Jean d’Orléans, appelé le « Bon comte Jean » puis son fils Charles firent ajouter un corps de logis contre le donjon puis commencer la grosse tour ronde dans laquelle la célèbre Marguerite d’Angoulême, sœur du roi François Ier serait née le 11 avril 1492. La demeure des comtes puis des ducs d’Angoulême s’enrichit ensuite d’un corps de logis à l’ouest et devint la résidence des gouverneurs de la place. L’un d’eux, le célèbre duc d’Epernon ayant failli être arrêté par le maire d’Angoulême, fit élever autour du château une enceinte bastionnée, œuvre de l’ingénieur italien Ramelli. Le duc de Montauzier, lui aussi gouverneur et célèbre figure du siècle de Louis XIV résida également dans le château.
À la fin de l’ancien régime, l’enceinte du duc d’Epernon fut démantelée, il en subsiste quelques éléments telle l’échauguette de la rue de Bélat.

À la révolution, le château qui dépendait de l’apanage du Comte d’Artois, frère de Louis XVI passa au ministère de la guerre puis au département de la Charente. On y trouvait une caserne et une prison militaire, mais aussi les postes de police, d’octroi et de télégraphe. Il entra en possession de la commune d’Angoulême en 1842 et devint après 10 ans de travaux, de démolitions et de reconstruction l’actuel Hôtel de Ville en 1868.

à suivre…

Le Château d’Angoulême avec le Donjon et le logis des Valois
(gravure aquarellée du XIXe siècle)

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