En quatre grandes étapes chronologiques découvrez la richesse de la géologie de la Charente, l’environnement naturel et l’évolution des cultures préhistoriques, les pratiques matérielles et culturelles nées de la sédentarisation, ainsi que des témoignages de la vie aristocratique et religieuse du moyen-âge.

L’archéologie est un des éléments identitaires les plus forts de la région. De l’homme de Néandertal à l’art roman en passant par le mégalithisme, elle permet d’individualiser la Charente dans ce qu’elle a d’unique et d’original.

Les collections : originales et variées Les collections du patrimoine archéologique charentais balaient un vaste champ chronologique. De nombreuses périodes y sont représentées mais d’intérêt et d’importance numérique très variés. Il est très difficile d’évaluer dans sa globalité la taille des collections archéologiques conservées au musée d’Angoulême, les données brutes de leur volume (environ deux mille caisses) ou du nombre de pièces (environ deux cent mille) n’ayant que peu de signification (le casque d’Agris et un éclat de silex sont numériquement égaux…).

Une bonne partie des grandes découvertes anciennes, en préhistoire notamment, c’est-à-dire avant les années cinquante, se trouve hors du département, dans les musées nationaux ou les universités. Bien qu’issue d’un fonds ancien (collection Lhomme et collection des évêques), la collection conservée au musée d’Angoulême rassemble essentiellement le produit des fouilles conduites ces trente dernières années en Charente. Leur présence au musée d’Angoulême s’explique par la politique de collaboration avec les milieux scientifiques et les chercheurs initiée dès les années soixante dix. Ces collections nouvelles prennent toute leur valeur grâce aux informations scientifiques qui les accompagnent : documents de fouilles, thèses et publications. Depuis longtemps déjà, les musées ont pris conscience que l’objet archéologique est un support de connaissance et non une simple pièce de collection. Le lien étroit entre archéologues et conservateurs contribue à la vitalité des musées et permet d’offrir au public ce qui est essentiel : l’accès aux mondes disparus à travers les objets qui en témoignent.

La thématique générale : l’histoire naturelle et humaine du bassin de la Charente Géographiquement, les thématiques choisies sont développées dans le cadre du bassin hydrographique de la Charente. Elles embrassent la très vaste période qui part des origines géologiques de la région pour aboutir à la période romane. L’ampleur chronologique de cette présentation implique un jalonnement ponctuel, et forcément incomplet, d’un phénomène continu. Il s’agit donc d’un trajet chronologique présentant des tableaux des environnements ou des cultures disparus, matérialisés par une suite d’étapes. L’exposition est également conçue pour mettre en relation les vestiges et les sites d’où ils proviennent . Cette longue histoire se décompose en huit fenêtres ouvertes sur le temps et elle couvre quatre cents mètres carrés du rez-de-chaussée du musée.

Le paleoenvironnement ancien

Géologie de la Charente

La mer a longtemps recouvert la région : pendant 110 millions d’années, soit le temps nécessaire pour déposer plus d’un kilomètre d’épaisseur de sédiments. Ces roches sédimentaires renferment de nombreux fossiles qui entrent dans un univers familier aux Charentais. Ces fossiles sont considérés, par le grand public, comme un maillon de la longue évolution du monde vivant des origines aux temps historiques. Dinosaures et hommes fossiles entrent dans une même catégorie, celle des mondes disparus ayant laissé des traces dans la région.

Comme l’ensemble du programme, la ligne directrice de la partie géologique est chronologique, présentant successivement les deux grands cycles marins du Mésozoïque (Jurassique et du Crétacé). Roches et fossiles caractéristiques illustrent l’évolution des environnements marins dans un raccourci synthétique. Les fossiles de vertébrés, datés de cent quarante cinq millions d’années, issus des récentes fouilles paléontologiques de Cherves-de-Cognac, sont exceptionnels ; on y a recueilli des restes de mammifères et d’oiseaux qui sont parmi les premiers connus au monde.

Faunes du quaternaire

L’installation cyclique de périodes glaciaires caractérise le Pléistocène. Le régime d’alternance climatique et l’action du froid sont à l’origine de formations sédimentaires nouvelles et d’un modelé qui va donner à la Charente ses paysages actuels. Ces dépôts, particulièrement nombreux en Charente, renferment les vestiges des environnements fossiles et des cultures préhistoriques. L’univers des grottes charentaises entre en scène. Les cavités ont servi de repaires aux grands carnivores du quaternaire et les avens, puits naturels, ont piégé de nombreux herbivores à toutes les époques nous révélant un bestiaire étonnant.

La faune fossile pléistocène conservée au musée, avec des spécimens uniques en Europe, est une des collections les plus remarquables de France. La présentation de squelettes remontés d’herbivores du Pléistocène, constitue un ensemble aussi important scientifiquement que spectaculaire pour le public. La documentation à notre disposition, tant en ossements qu’en informations scientifiques, est très importante puisque ce type de recherche est particulièrement bien développé par l’équipe du musée depuis 30 ans.

L’homme préhistorique

Néandertal

Le paléolithique charentais couvre une longue période chronologique d’environ 500 000 ans. Si l’artisan des industries acheuléennes des gravières n’est pas connu, le porteur des cultures moustériennes est l’homme de néandertal. Le bassin de la Charente est célèbre pour avoir livré une grande quantité de ses vestiges. Les sites charentais ont depuis un siècle fortement participé à la connaissance de cet homme fossile et le parcours muséographique présente le matériel archéologique du paléolithique moyen de quelques grands sites : la Chaise de Vouthon, Fontéchevade, la Quina, Artenac.

L’exposition de restes humains néandertaliens originaux confère à cette salle un caractère exceptionnel.

L’homme de cro-magnon

Le Paléolithique supérieur marque un profond changement dans la préhistoire européenne. À l’avènement de l’homme moderne, l’homme de Cro-Magnon, notre ancêtre direct, s’ajoute l’épanouissement de cultures nouvelles, les plus brillantes de la préhistoire ancienne. Sur les objets et les parois rocheuses, l’art apparaît sous différentes formes d’expression : peinture, gravure, sculpture, traduisant la complexité de la pensée des chasseurs paléolithiques. Inscrites dans les sédiments des grottes et abris sous-roche charentais, toutes les étapes chronologiques de cette période peuvent y être lues et nombre de sites sont de toute première importance tel le Placard, le Roc de Sers, la Chaire à Calvin. Les mésolithiques, dans l’environnement tempéré holocène, perpétueront encore un mode de vie nomade durant quelques milliers d’années et ceux de la grotte d’Agris pratiqueront le cannibalisme.

Le monde des mégalithes

La celtomanie des auteurs du XIXe siècle a irrémédiablement associé le mégalithisme et la Bretagne, ignorant la richesse monumentale des régions du Centre-Ouest, alors que celle-ci est une des plus importantes de France. Ces civilisations ont érigé la majeure partie des monuments mégalithiques il y a plus de six mille ans, au néolithique, et la Charente se caractérise par la construction de monuments particulièrement soignés, les dolmens angoumoisins. Le choix thématique de l’exposition s’est porté naturellement sur les pratiques funéraires de cette période.

Les temps protohistoriques

Âge de bronze

Les pratiques funéraires et cultuelles en grotte qui prolongent celles du monde des mégalithes néolithiques appartiennent à l’âge du Bronze. Elles se situent dans les grottes profondes où sont déposés les corps des défunts et le matériel funéraire. L’évocation d’un couloir de la grotte des Duffaits côtoie la tête humaine coupée de la jeune femme ensevelie dans la grotte du Quéroy au Bronze moyen. La richesse culturelle de cette période s’étale dans une grande vitrine dont le fond en torchis évoque la maison protohistorique : céramiques, objets en métal et éléments de parure sont le reflet de la diversité et de la complexité d’un monde d’artisans.

Les cultes celtiques

La civilisation des Celtes proprement dite débute vers le milieu du 5e siècle avant notre ère et la Charente se « celtise » petit à petit à partir de cette période. Si nos informations sur l’habitat et la vie quotidienne sont très partielles, la Charente a conservé des traces des activités cultuelles gauloises. Chef-d’œuvre de l’art celtique, le casque d’Agris provient de la grotte des Perrats, cavité consacrée aux divinités souterraines.

Il a été volontairement brisé et enfoui dans la salle principale. Le dépôt de vases dans la grotte et d’armes brisées brûlées dans un grand fossé extérieur confirme bien qu’il s’agit d’un sanctuaire. Ces divinités gauloises, des dieux assis, tels ceux de Verteuil et Agris se retrouvent dans le panthéon gallo-romain et leurs statues figurent à l’exposition.

Le château et l’église

La dernière étape du plateau archéologique est consacrée au moyen-âge, plus précisément du Xe au XIIIe siècle. Le programme se compose de deux thématiques, l’une consacrée au château en l’An Mil (Andone) et l’autre à la production artistique à l’époque romane.

Le castrum d’Andone était une résidence rurale fortifiée des comtes d’Angoulême, implantée dans l’actuelle commune de Villejoubert. Le site, construit après le milieu du Xe siècle, est abandonné vers 1020 et constitue un ensemble de référence en Europe occidentale. Il a livré des centaines de milliers de vestiges qui permettent de reconstituer fidèlement la vie quotidienne d’un grand personnage et de sa suite autour de l’An Mil et l’histoire de cette fortification dans son environnement.

Issu de la collection des évêques d’Angoulême, un choix de chapiteaux sculptés, chefs-d’œuvre de l’art roman, est présenté devant une façade vitrée ouvrant sur le clocher de la cathédrale. Ils illustrent ce que fut le chantier de la cathédrale et son influence sur l’architecture religieuse de l’Angoumois, une des plus brillantes de l’art roman.


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