Musée d’Angoulême

Art occidental

L’histoire des collections d’art occidental, le fonds primitif

En 1838, François Ringuet, artiste peintre né à Angoulême, fait don à la ville de dix toiles, fonds primitif des collections du Musée d’Angoulême. Ce don, mélange de remarquables compositions et de peintures d’un intérêt plus secondaire, est caractéristique de la disparité artistique des collections d’un amateur du début du XIXe siècle. Parmi ces premières toiles notons le remarquable Édouard Young enterrant sa fille de Pierre Vafflard, mémorable composition pré-romantique quasi monochrome, et un bel Autoportrait de François Desportes.

Sous le Second Empire puis la République, les autorités envoient au musée des toiles primées dans les Salons de l’époque et réparties alors dans les différentes capitales provinciales, mais aussi des œuvres sorties des réserves du Louvre. Citons notamment La consternation de la famille de Priam de Etienne-Barthélémy Garnier, des Scènes de la vie de sainte Catherine de l’école allemande du XVIe siècle, un Marché aux poissons de Bassano, un fort beau Portrait de couple de Van der Helst ou une Nature morte de Joris Van Son.

Les peintures du musée acquises au XXe siècle

À partir du début du XXe siècle, la commission du Musée acquiert, au hasard des propositions qui lui sont faites par des collectionneurs, quelques bonnes peintures, dont le Samson et Dalila de François de Troy. Dans la seconde moitié du siècle, l’établissement reçoit quelques ensembles intéressants par voie de dépôt ou de dons parmi lesquels quatre belles toiles de l’école de Canaletto représentant Venise, des Amours de l’atelier de Van Dyck, une Offrande à Cérès de Francken. En 1966 le bureau de bienfaisance dépose au musée une importante collection de peintures et de dessins de l’école de Barbizon et de paysagistes du milieu du siècle : Harpignies, Rousseau, Dupré, Boudin, Jongkind.

Des dons ou legs enrichissent encore les fonds (un paysage de Vlaminck, un Portrait de Marcelle Tinayre par Frédéric Lauth, un Maurice Denis), ainsi que quelques achats : un Domenico Viani, Le Christ et la Samaritaine, un Félix Boisselier Macbeth et les sorcières (acquis avec l’aide des Fonds Régionaux d’Acquisition pour les Musées). Cette collection de peintures et dessins est modestement représentative de l’histoire générale de la peinture depuis le XVIe jusqu’au début du XIXe siècle. Quelques sculptures, en bronze ou marbre, provenant de legs ou de dépôts de l’état viennent compléter ce parcours artistique, notamment une Psyché de Joseph-Auguste Peiffer ou une Sapho méditant de Auguste Clesinger.

Les artistes charentais

Léonard Jarraud, « réaliste idéaliste », est certainement le peintre le plus remarquable de cette école charentaise. Henry Daras, élève et ami de Puvis de Chavannes est le seul représentant de l’école symboliste dans la région et la qualité de son oeuvre, notamment son travail de coloriste, est majeure. Armand Vergeaud est à son titre de créateur de l’Ecole des Beaux-Arts de Tunis une figure très attachante et ses relations avec la Tunisie complètent intelligemment le caractère multi-culturel de nos collections et la réflexion sur les relations Europe-Afrique. D’autres peintres, tels Edouard May, Josué Gaboriaud, ou Gaston Boucart, expriment, chacun avec son talent propre, une certaine idée de la Charente.

La production sculptée charentaise a été redécouverte il y a peu d’années après une exposition et une publication exhaustive de la collection, notamment les passionnantes maquettes et esquisses réalisées pour des monuments aujourd’hui en partie disparus.

La sculpture régionale est dominée par la figure de Raoul Verlet (1857-1923), angoumoisin, élève de Cavelier et de Barrias, membre de l’Institut, dont la carrière s’est déroulée entre la Charente, Paris et le département de l’Eure.

René Pajot, Émile Peyronnet, André Juin, Raoul Guimberteau, H.T. Bouillon sont également bien représentés dans nos collections.

Les arts décoratifs

La collection de céramiques comprend près de 400 pièces, provenant essentiellement de différents legs du XIXe et du XXe siècle comme les legs De Rochebrune, Remy-Martin, Delaurier, Robert et tout dernièrement, en 1996, le legs Guillien.

Elle est composée de remarquables pièces du 18e siècle des faïenceries de Marseille et Moustiers et d’une très belle collection rouennaise des XVIIème et XVIIIème siècles. Un échantillonnage moins significatif d’autres centres français et européens complète ces points forts de la collection : Bordeaux, Cognac, Les Islettes, La Rochelle, Paris, Saint-Cloud, Sèvres, et quelques pièces de Chine, Delft, et de la Compagnie des Indes. Cette collection est aussi représentative de la production des ateliers charentais depuis le XVIIIe siècle. Nous accordons une place à part à la dernière firme de céramique charentaise en activité au XXe siècle ( elle a définitivement fermé dans les années 1990), fondée en 1888 par Alfred Renoleau (1854-1930) remarquable artiste, notamment dans sa production de grès. Son atelier fut aussi le point de rencontre de la plupart des peintres et sculpteurs de l’époque.

Une collection signifiante d’armes occidentales

Notons enfin que les collections du Musée d’Angoulême comprennent un fonds substantiel d’armes de prestige. L’essentiel de la collection est constitué par le legs Adrien de Rochebrune, entré au Musée en 1894, qui regroupe 150 pièces provenant de toute l’Europe, du XVIe au XIXe siècle : épées, rapières et sabres, couteaux de chasse, dagues et stylets, piques et hallebardes, éléments de harnachement, fusils, pistolets et poires à poudre. La collection comporte quelques belles paires de pistolets souvent signés, à décor ciselé, plaqué ou doré (XVIIe et XVIIIe siècles) ou encore incrustés d’ivoire comme des pistolets allemands du XVIe siècle, et de belles poires à poudre du XVIIe siècle.

Le parcours actuel

Un nouvel accrochage des collections occidentales est proposé en 2018, l’approche se veut radicalement différente avec une toute nouvelle manière de présenter les collections faisant fi de la chronologie pour privilégier des regroupements d’oeuvres thématiques. Objectif : surprendre et créer des rencontres originales entre des oeuvres de différentes époques ou courants artistiques.

La première salle du parcours évoque comment, au fondement de l’art, se trouve bien souvent le récit, la représentation d’une narration que les artistes partagent avec la société. Les récits des premiers temps de la création humaine sont toujours nimbés de mystères mais d’autres, issus des textes fondateurs de l’Histoire occidentale comme L’Iliade et l’Odyssée, l’Ancien et le Nouveau Testament constituent des sujets inépuisables d’inspiration et de transmission de valeurs, de concepts ou de visions du monde.

Dans la salle suivante, nous pouvons découvrir comment, au fil des siècles, les artistes ont fait preuve d’ingéniosité et de savoir-faire pour atteindre l’idéal naturaliste, l’illusion la plus parfaite du réel. L’artiste rivalise avec la nature, s’octroie le pouvoir de l’embellir, de la transfigurer.

Dans le courant du 19e siècle, on assiste à une sortie de l’atelier. Peignant sur le motif, des artistes tentent de rendre compte de ce que sont physiquement pourrait-on dire, la perception et l’effet de la lumière sur le monde. Il résulte de cette démarche presque scientifique un cheminement progressif vers l’abstraction qui ouvre la voie à tout un pan de la création à forte teneur poétique voire philosophique.

Enfin, deux espaces font une large place à la production céramique charentaise sur plusieurs siècles.

La dernière salle est dédiée à la représentation d’Angoulême, salle qui a vocation à évoluer  chaque année selon un thème choisi et présentera, en dialogue, des vues anciennes de la ville avec des oeuvres contemporaines d’artistes de notre territoire. Ces acquisitions régulières permettront de développer un fonds spécifique sur ce sujet au fil des ans.


Square Girard II
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134 rue de Bordeaux
16000 Angoulême
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33 avenue Jules Ferry
16000 Angoulême
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Musée du Papier
134, rue de Bordeaux
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