Le trésor de Reignac

Le trésor de Reignac, véritable témoignage d’un Empire romain sur le déclin, a été exhumé en 1994 à l’occasion d’une fouille de sauvetage sur la déviation de la RN.10 en direction de Barbezieux à Reignac en Charente.

Le trésor, composé de pièces de monnaie gallo-romaines contenues dans un vase en céramique, a probablement été enterré dans un jardin ou un champ par son ancien propriétaire à la fin du IIIe siècle après Jésus-Christ. Ces pièces portent le nom d’antoniniens, elles ont vu le jour en 215 sous l’empereur romain Caracalla et disparu en 263. La grande majorité des exemplaires ont toutefois été fabriqués entre 238 et 253 puis retirés de la circulation vers 256-258. Frappées en Algérie, Croatie et Italie, on compte une quinzaine de modèles différents sur un total de 1.937 pièces. Les avers (aussi appelés les droits) représentent les profils d’empereurs romains disparus et les revers (coté opposé à celui de l’effigie) des victoires militaires ou des divinités protectrices de l’Empire.

Au moment de l’enfouissement du trésor vers 270, l’Empire Romain connaît une période assez sombre. Enchainant les empereurs éphémères renversés par des usurpateurs, il peine à retrouver sa stabilité politique et économique ainsi que son rayonnement d’antan. Ce lent déclin se traduit notamment par la multiplication des trésors monétaires. Les propriétaires, probablement inquiets de la situation instable de l’Empire, dissimulent leurs économies pour éviter qu’il ne leur arrive quoi que soit. C’est d’ailleurs très certainement ce qui a poussé l’ancien propriétaire du trésor, dont l’identité demeure inconnue, à cacher son pécule là où lui seul pouvait le retrouver.

Mais ces difficultés se traduisent surtout par la dévaluation progressive des antoniniens. Autrefois faites d’argent, elles sont peu à peu remplacées par des pièces en billon, un matériau beaucoup moins noble fait d’un alliage de cuivre, d’argent et de zinc. Contrairement aux monnaies d’or et d’argent, le billon était de moindre valeur et circulait parmi les plus modestes.
Ainsi, l’étude de ce dépôt monétaire permet d’observer que plus l’émission est récente, plus les antoniniens sont légers et donc par conséquent contiennent moins d’argent. Ils auraient perdu jusqu’à un tiers de leur valeur initiale.

Le trésor de Reignac, bien que très intéressant d’un point de vue archéologique, n’était donc pas d’une immense valeur à l’époque où il a été enterré. Peut-être était-ce le fruit d’une transaction financière, d’un héritage ou d’une recette… en tout cas, personne n’est jamais venu le déterrer en 1800 ans.

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