L’éléphant antique

Durant le Quaternaire plusieurs genres d’éléphant ont vécu en Charente. Si le plus connu des éléphants fossiles est certainement le mammouth, le plus fréquent, dans cette région est l’éléphant antique.

Jusqu’au milieu du XIX° siècle, géologues et paléontologues, dressant la carte géologique de la région, font état de découvertes d’ossements fossiles dans les alluvions anciennes de la Charente. Ils les situent avant l’arrivée de l’homme sur terre et sont qualifiés d’antédiluvien, c’est à dire datant d’avant le Déluge, en référence à l’histoire biblique.

La gestation de l’idée d’un homme ayant vécu dans un environnement d’animaux fossiles dura plus de 30 ans avant d’apparaître comme une évidence et donner ainsi naissance à la préhistoire. Ceci se réalisa à partir des années 1850. Les outils de silex taillés découverts dans les couches d’alluvions charentaises qui renfermaient les éléphants fournirent la preuve irréfutable de la coexistence de l’homme avec les animaux fossiles. La préhistoire était née et cela un peu grâce aux éléphants.

L’attention du monde scientifique se porta, en 1890, sur les carrières de sable de Mainxe, près de Jarnac, lorsque les ouvriers exhumèrent des défenses d’éléphant antiques. Elles furent transportée au muséum d’histoire naturelle de Paris où l’on aujourd’hui encore peut les voir dans la grande galerie de paléontologie.

Les découvertes de restes d’éléphant se succédèrent durant toute la première moitié du XX° siècle dans les nombreuses exploitations qui jalonnaient la région entre Jarnac et Châteauneuf. Malheureusement bien peu de vestiges ont subsisté, soit qu’ils aient souffert lors de leur exhumation soit qu’il aient disparu dans des collections privées. Peu d’observations scientifiques ont pu être faites.

Les restes crâniens présentés ici sont apparus en 2004 dans la gravière Audoin située à Saint-Amant de Graves. Il proviennent de la basse terrasse de la Charente et sont datés d’environ 130 000 ans. Ils appartiennent à un éléphant mort de mort naturelle sur les bords du fleuve. Le courant a dispersé les restes de son squelette parmi les alluvions.

La morphologie des molaires encore enchâssées dans le palais et le profil des défenses ne laissent aucun doute sur l’identité de cet l’éléphant. De grande taille, plus de 4 mètres au garrot, l’éléphant antique portait une paire de défenses pratiquement droites et qui atteignait près de 3 m de long. Contrairement au mammouth, celui-ci fréquentait des régions tempérées, ce qui explique qu’on le trouve dans les zones méridionales de l’Europe et, plus au nord, lors des périodes interglaciaires tempérées. Il s’est éteint en France, il y a 100 000 ans.

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