David et Nil : Carnet de voyage volume 10

Mardi 10 Novembre, une journée bien agitée !

Depuis le début de mon aventure en Inde je collecte des petits cartons, des journaux, des magazines etc en hindi. Je récolte également des sacs de toiles plastiques qui servent à conserver les très nombreuses graines que les indiens consomment. Cette collecte à pour but d’alimenter le travail des élèves de l’école d’Art du GrandAngouleme qui travaille sur l’exposition « Textures d’Inde » qui sera proposée début 2016 au Musée d’Angoulême.

Après presque 10 jours en Inde, nous nous rendons avec Jean Pierre à la Poste indienne pour l’envoi de mon colis rempli de divers papiers et sacs plastiques. Il nous faudra attendre de longues minutes avant de pouvoir mettre le colis entre de bonnes mains. J’avoue avoir du mal à comprendre les indiens lorsqu’ils parlent anglais. À plusieurs reprises, je fais répéter mes interlocuteurs car leur accent est si fort que je n’arrive pas à comprendre du premier coup. Le bruit incessant n’aide pas non plus à la compréhension. Une fois que je tends l’oreille, le discours s’éclaircit et j’échange facilement avec eux.

Difficile de contenir la joie des enfants avant la fête de Diwali

Ce matin, nous ne sommes que deux à prendre la route du bidonville car Nicole est partie plus tôt car elle a rendez-vous chez le dentiste à 11h pour les derniers traitements des enfants. Dominic a prévu de nous rejoindre vers 13h au centre pour nous ouvrir les portes. L’après midi risque d’être mouvementée : Nicole a prévu avec Dominic d’emmener les plus grands en ville pour acheter des vêtements d’hiver.

Les petits et les moyens ayant reçu des vêtements des bénévoles ils manquent souvent des vêtements d’adolescents que l’association doit compléter par des achats sur place. En bref, Dominic la bénévole canadienne qui gère au quotidien le centre et que les enfants respectent profondément sera absente, Nicole également et les deux enseignantes sont en congés pour la petite Diwali et la grande Diwali. Ce qui veut dire que nous allons devoir gérer nos petits anges avec Jean Pierre toute l’après midi.

Jusqu’à présent, nous n’avons eu aucun mal à nous faire écouter par les enfants, mais l’absence des référentes va nous laisser démuni avec Jean Pierre. Le début de l’après midi se passe bien, les enfants s’organisent comme chaque jour par groupe, je sens bien cependant que mes petits sont plus excités que les jours précédents. J’ai prévu, pour ce dernier jour avant Diwali, un atelier d’origami car je sais qu’ils aiment et qu’ils sont attentifs aux consignes. C’était sans compter l’excitation ambiante en raison de l’absence des référentes et de la petite Diwali qui annonce la fête du soir.

Ils se pressent autour de moi dans un brouhaha infernal, en lançant des « David Sir, David Sir, like that ? » en réponse aux consignes données pour le pliage. Je dois sans cesse recadrer l’atelier pour mener le pliage de l’origami à terme. Un exercice difficile car je dois montrer de l’autorité en anglais , ce que je n’ai jamais eu à faire jusqu’à présent mais je m’y plie, encore une fois le métier de médiateur exige de l’adaptabilité. Finalement ce débordement d’énergie me fait plaisir et me rassure car jusqu’à présent, j’ai souvent dépeint un portrait de la vie des enfants du bidonville avec beaucoup de misérabilisme mais ce n’est pas que ça, au contraire !

Comme tout les enfants du monde ils sont excités à l’attente d’un événement important comme Noël en Europe ou Diwali en Inde. Ils n’auront certes pas autant de cadeaux au pied du sapin que nos chérubins mais il recevront à coup sûr même pour les plus pauvres un petit quelque chose que leurs parents auront péniblement gagner par la sueur de leur travail de chiffonnier ou de repasseur de rue pour quelques roupies.

L’après midi se déroule comme elle a commencé et nous faisons sans cesse les gentils gendarmes avec Jean Pierre. Lorsque Dominic et Nicole reviennent au centre après les courses de vêtements, nous sommes enchantés de passer le relais, en avouant notre manque d’autorité. En même temps, nous sommes tellement heureux nous même de les voir courir, se chamailler, rigoler que nous accordons à notre troupes d’enfants le droit de vivre une vraie vie d’enfants et oublions notre programme de bénévolat le temps de la fête.

Bientôt la fin de cette partie du voyage

Vendredi, ce sera le dernier jour au centre après Diwali, nous ferons le bilan avec les enfants des quinze derniers jours avant de nous rendre dans leurs famille au sein du bidonville. La quinzaine se terminera par une photo de groupe où les enfants remercieront les partenaires financiers et bénévoles par des banderoles qu’ils ont fabriqué avant notre arrivée. L’occasion pour Nil et pour moi de partager une dernière fois un moment avec les enfants avant notre départ pour de nouvelles aventures en Inde.

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