David et Nil : Carnet de voyage volume 15

Lundi 16 et mardi 17 novembre : direction Varanasi

Une minute de silence

Nous avons comme promis respecté notre minute de silence devant la statue de Gandhi en mémoire aux victimes des attentats de Paris. Aujourd’hui nous redescendons à Dehra Dun pour aller prendre le train en fin d’après midi. Le retour est sportif, les virages sont nombreux et la circulation dense, il vaut mieux ne pas être malade en montagne pour voyager dans l’Himalaya. Nous arrivons péniblement à Dehra Dun à 12h. Comme nos trains respectifs partent en fin d’après midi, nous faisons un dernier crochet à notre hôtel pour profiter du Wifi, après quinze jours nous y sommes un peu comme chez nous.

Un long trajet m’attend…

Je commence à m’inquiéter un peu car je n’ai toujours pas ma confirmation de billet de train pour ce soir à 3 heures du départ ! Souvenez-vous à notre arrivée, nous avions eu toutes les difficultés du monde à obtenir nos différents billets de train. Au final, Bal le chauffeur de Nicole et Jean Pierre avait pris l’initiative de s’occuper de cette corvée à notre place. Seulement, Bal m’avait expliqué que je devais être confirmé sur deux trajets sur quatre notamment pour les deux trains de nuit. En bref, j’ai acheté deux billets de train par son intermédiaire que j’ai en ma possession mais je pourrai monter dans le train qu’à condition que mon nom remonte dans la liste d’attente pour être confirmé et ce à quelques heures du départ. Nicole et Jean-Pierre n’ont pas eu ce désagrément de réservation, ils peuvent partir pour de nouvelles aventures puisque nous nous quittons sur le quai de la gare.

Je me retrouve seul avec Nil dans la gare à attendre que le contrôleur passe pour demander si mon billet est valable ! Ce dernier vient coller un papier sur la porte du wagon sur lequel est indiqué le nom des voyageurs autorisés à partir. Souvenez-vous le jour du résultat du bac devant la feuille que l’on vient coller devant le lycée avec la liste des admis et des recalés, vous attendiez fébrilement de pouvoir accéder à la feuille pour chercher votre nom en angoissant et bien je suis dans le même état. Au pire des cas, si mon nom n’y figure pas je monte quand même et je m’explique après avec le contrôleur. Je ne vais certainement pas rester à Dehra Dun !

Finalement, je n’ai pas à imaginer un plan B, mon nom figure sur la liste en dernière position j’ai eu chaud mais mon nom ait bien remonté de la liste d’attente visiblement. Encore une fois cet exemple démontre que rien n’est simple en Inde, j’ai souvent eu l’occasion de voyager en train dans de nombreux pays mais c’est la première fois que je vis une telle scène.

Départ imminent

J’accède au Graal, je monte dans le train direction Varanasi, anciennement Bénarès l’une des sept villes saintes de l’Hindouisme. Le wagon est divisé en plusieurs compartiments composés de seulement quatre banquettes, un luxe en Inde ! Les autres wagons de classes inférieurs sont composés de 6 lits par compartiment. Par contre, même en seconde classe le compartiment n’a pas de couloir où l’on peut admirer la vue, côté couloir sont logés deux lits supplémentaires en face de chaque compartiment. Pas d’espace privatif pour l’intimité un simple rideau fait office de porte et de séparation. Le point d’eau se situe à côté de la porte du wagon, on y accède lorsque la porte est fermée ce qui est plutôt rare car elle reste ouverte pendant le trajet !

Après une nuit plutôt calme dans le train nous arrivons vers 10h en gare de Lucknow la capitale de l’Etat de l’Uttar Pradesh. Comme partout en Inde la gare est surpeuplée et parmi le brouhaha se promène une vache sur le quai de la gare le plus naturellement du monde. Cela ne surprend personne mais pour moi voir une vache sur le quai d’une gare est quand même surprenant. À la sortie de la ville, un bidonville s’étend le long du chemin de fer déversant sa misère sur les rails du train. Je traverse enfin la campagne indienne avec mon ami Nil, la terre y est sèche et malgré les systèmes d’irrigation mis en place dans les champs par les paysans, on devine que la mousson est déjà loin. Je regarde passer les kilomètres à travers la fenêtre et j’observe sans lâcher mon regard de l’extérieur des scènes de vie qui me sont inconnues. Les femmes sont aux champs, les enfants ne sont jamais loin, ils aident aux travaux de la terre.

Enfin arrivé !

Mon trajet s’éternise entre Dehra Dun et Varanasi les 846 km n’en finissent pas tellement le train roule lentement. Pour avoir voyager sur le Transsibérien qui roule sur certaines portions à seulement 60 km je pense que là on bat des records de lenteur. Résultat, mon arrivée, initialement prévue à 15h45, va se transformer en 19h, soit 25 heures de train pour seulement 846 km, record battu ! Cependant, je me plains pas car j’aime voyager en train, il a l’avantage de vous faire découvrir le vrai visage d’un pays.

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