David et Nil : Carnet de voyage volume 16

Mercredi 18 novembre : « Incredible India »

Pas de voyage en Inde sans faire un passage à Varanasi. Nous voilà enfin arrivés avec Nil dans la ville sacrée de l’hindouisme où coule la mère Ganga (le Gange). Encore une fois, les mots me manquent pour décrire cette ville étonnante, je manque d’adjectifs qualificatifs pour vous donner une idée de la vie ici ! Comme dans les autres villes de l’Inde du Nord la circulation est monstrueuse, la pollution vous empêche de voir l’autre rive du Gange et le soleil est constamment voilé par l’épaisse couche de particules fines. Cependant, ce voile renforce l’aspect mystique de Varanasi.

L’Inde à moto !

Aujourd’hui je vais visiter la ville accompagné d’un jeune guide en moto ! Bal, le chauffeur Sikh de Nicole et Jean-Pierre a réussi à me trouver un guide pour parcourir les différents lieux incontournables de la ville car je n’ai qu’une seule journée et la moto est le moyen de transport idéal pour se faufiler dans la circulation tonitruante. Bien sûr, il faudra faire une croix sur les consignes de sécurité à la française pour voyager en moto telles que le casque, le blouson etc. Pensez-vous c’est superflu ! Ici, vous êtes en Inde, c’est l’anarchie organisée.

Petite anecdote marrante, à 14h nous allons manger un bout, je passe aux sanitaires pour faire mes ablutions avant le repas et je me regarde dans la glace, et là surprise j’ai le visage noir ! Je regarde mes mains pour voir si j’ai du cambouis au cas où ! En fait nous avons peut-être circulé 1h30 dans la pollution entre les camions, les motos, les voitures, les bus, les tuk tuk etc en bref un melting pot de véhicules qui, tous autant qu’ils sont, régurgitent une épaisse fumée noire. Pas étonnant que mon visage soit dans cet état !

Visite au musée

Nous avons commencé ce matin en nous rendant à Sarnath à quelques kilomètres de Varanasi. C’est ici que Bouddha vint pour prêcher et où il réalisa son premier sermon. Des pèlerins du monde entier viennent à Sarnath pour admirer l’arbre aux sept branches qui serait une pousse de l’antique arbre sous lequel Bouddha aurait atteint l’Éveil c’est-à-dire le nirvana. Varanasi est étonnante, elle est à la fois un important lieu de l’Hindouisme et du Bouddhisme. Toutes les communautés religieuses semblent y vivre en bonne entente.

Nous allons ensuite visiter le musée et la Haveli du Maharadja de Bénarés, celui-ci n’a pas la splendeur des Havelis du Rajasthan, mais il mérite d’exister malgré son état de conservation lamentable. À l’intérieur de l’élégant édifice, un étonnant musée permet de s’imaginer la vie des Maharadjas à l’époque de la grandeur de l’Inde. Oubliez nos beaux musées européens et imaginez-vous visiter un musée dans les années 50 en France, cela vous donnera une idée de la scénographie dans laquelle sont mises en valeur des œuvres qui, pourtant, ne manquent pas d’intérêts.

Rites funéraires

Le retour dans le vieux Varanasi en fin d’après-midi va nous mener le long des célèbres Ghats. J’ai eu un avant-goût le matin des cérémonies le long du Gange car l’hôtel où je suis est très proche. Dès 3 heures du matin une effervescence monte aux abords du fleuve, de nombreux pèlerins y viennent la veille pour dormir sur les Ghats afin de ne pas rater leurs ablutions dans le fleuve sacré au petit matin lorsque le soleil se lève. Ce soir, une cérémonie ressemblant à celle que j’ai vécu à Haridwar est prévue, mon guide m’obtient un bateau pour admirer l’événement depuis le Gange. Auparavant, il me fait conduire dans la frêle embarcation aux Ghats des incinérations.

La nuit est tombée et de loin j’aperçois les bûchers où dansent les flammes qui réduisent en cendres les corps des défunts. Je n’aperçois que des hommes sur le Ghat, les femmes ont interdiction de se rendre aux Ghats de crémations car elles risquent de pleurer le défunt et dans la pratique hindouiste ce n’est pas bon pour le karma du disparu. Cette expérience me gène profondément, j’observe ces différents bûchers qui ne cessent de brûler les corps jour et nuit, et les familles des défunts attendant sur le bord du Ghat le début ou la fin de la crémation de leurs proches.

Je me sens comme un voyeur qui regarde quelque chose d’interdit pourtant j’ai bien conscience que dans les autres bateaux d’autres personnes regardent la même chose que moi seulement là ça me gène ! J’ai l’impression de violer l’intimité de ces gens qui incinèrent des êtres chers aux yeux de tous. Aux dires de beaucoup, je ne devrais pas être mal à l’aise car l’incinération de ces personnes ici aux abords du Gange est une bénédiction pour eux et s’ils ont eu un bon karma pendant leur vie terrestre, ils se réincarneront.

En attendant, j’assiste à une scène qui dépasse l’entendement, des corps allongés attendent d’être incinérés pendant que d’autres corps finissent de se consumer, un homme prend un bâton qui ressemble à un râteau et poussent les cendres encore chaudes dans le Gange y compris les parties du corps n’ayant pas eu le temps de se consumer complètement. La scène me met mal à l’aise et je demande à mon guide de me rendre à la cérémonie hindouiste sur l’autre Ghat. Il me conseille d’y retourner seul le lendemain mais sur la terre ferme cette fois-ci pour regarder les crémations. Je décline l’offre et je lui explique que j’en ai assez vu et que je ne suis pas à l’aise avec ce spectacle qui a mon avis devrait être réservé aux seuls pratiquants de l’hindouisme.

La nuit est tombée depuis un long moment ce qui m’empêche de voir ce qui flotte sur le fleuve et je m’en réjouis. Je ne suis pas à l’abri de voir des restes humains ou animales à côté de mon embarcation. Décidément, l’Inde est un pays qui vous transporte à chaque nouvelle expérience. Je me souviens avoir lu, ce matin, sur une pancarte publicitaire, un slogan vantant le pays, « Incredible India ». Effectivement, l’adjectif est bien choisi et c’est sans doute celui-là qui me manquait pour qualifier Varanasi, tout simplement incroyable !

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.


Square Girard II
Rue Corneille
16000 Angoulême
| 05 45 95 79 88

134 rue de Bordeaux
16000 Angoulême
| 05 45 38 71 61

33 avenue Jules Ferry
16000 Angoulême
| 05 45 38 91 97

Musée du Papier
134, rue de Bordeaux
16000 Angoulême
| 06 22 44 12 59

|