David et Nil : Carnet de voyage volume 5

Mercredi 4 novembre : mission courses

Les étals de rue sont particulièrement chatoyants.

Comme chaque matin, je prends le temps de regarder le temps à l’extérieur avant de sortir de ma chambre. Comme chaque matin le ciel est bleu… mais complètement plombé par la pollution. Un nuage laiteux flotte au dessus de Dehra Dun : la visibilité est réduite à quelques kilomètres, ce qui ne laisse pas le loisir de contempler la chaîne himalayenne qui n’est pourtant pas loin.

La pollution est telle que vous vous sentez poisseux après seulement quelques minutes de marche. Pourtant, il est indispensable de marcher à travers la ville pour prendre le pouls de l’Inde, tout en étant extrêmement vigilant à cause de la circulation.

A la découverte du quartier marchand

Du producteur au consommateur… version Dehra Dun

Ce matin nous devons nous rendre vers le quartier de Clock Tower. Il s’agit du point névralgique de Dehra Dun. Une population bigarrée se côtoie dans un grand bazar d’échoppes, plus minuscules les unes que les autres. Pour mission ce matin : acheter une nouvelle scie pour l’atelier de menuiserie de Jean Pierre, (celle achetée la veille est inutilisable la lame est trop souple et il est impossible de couper un contre plaqué léger).

Savez vous qu’à Delhi il existe un magasin qui répare exclusivement les klaxons des moyens de locomotions ? En Inde le klaxon et le meilleur ami du conducteur, il est bien plus important que vos plaquettes de freins à tel point qu’un chauffeur refusera de vous conduire quelque part si son klaxon et en panne, il considère que c’est trop dangereux de prendre la route sans son klaxon. Pour ma part, ce qui est le plus dangereux c’est de monter dans une voiture, un rickshaw ou un tuc tuc en Inde !

Avoir de bons guides, c’est précieux !

Avant de nous rendre au centre à côté du bidonville nous faisons un crochet au temple sikh qui se trouve sur la route. Rien ne semble gêner mes compagnons de voyage, Nicole et Jean-Pierre, rompus à l’exercice. Ces deux là sont extraordinaires : ils circulent dans les ruelles de Dehra Dun comme ils circulent à Angoulême et pourtant rien ne prête à la comparaison ! Ces deux retraités hyperactifs gèrent leurs affaires comme des indiens. Il faut voir Nicole négocier pour obtenir un bon prix chez le dentiste pour ses protégés, sans oublier Jean Pierre qui refuse qu’on le prenne pour un « américain » comme il dit, lorsqu’un indien essaye de lui vendre quelque chose au dessus du prix appliqués aux indiens.

Atelier portrait pour les enfants

Les enfants sont très assidus, malgré les conditions rustiques.

Nous arrivons au centre vers 14h lorsque les premiers enfants arrivent, ils ne sont pas en retard en ce moment nous dit Dominic car ils sont excités à l’idée de faire de nouvelles activités chaque jour. Aujourd’hui, Jean Pierre continue son atelier de menuiserie avec ses outils indiens de mauvaise qualité. Pour ma part, j’ai prévu de réaliser avec les enfants leurs portraits afin de rapporter à Angoulême une fiche par enfants où ils doivent écrire en anglais et en hindi des informations sur eux.

Ces petits portraits nous servirons au sein de l’exposition prévue en février prochain au Musée du Papier réalisée en partenariat avec l’école d’Art du GrandAngoulême. Il faut les voir tous s’appliquer ! Au préalable, j’ai pris le temps d’expliquer l’intérêt de ce travail pour notre exposition. Bien évidemment, la coupure électrique n’est jamais très loin. Comme la veille, nous avons eu une coupure dès le début de l’activité.

Cela ne dérange pas les enfants qui sont habitués et allument les lampes électriques pour y voir un minimum. Nos petits anges travaillent à même le sol quasiment sans lumière et pourtant ils s’appliquent et tous sont très studieux. Je suis en admiration devant tant de détermination de la part de ces enfants déjà marqués par la vie.

A la découverte de la chanson française

La musique française intéresse beaucoup les plus grands.

Comme je n’ai pas eu l’occasion lundi de travailler avec le groupe des grands je décide de faire l’atelier d’origami avec eux et de reporter le travail de portrait à la semaine prochaine. Encore une fois, ils m’étonnent ils plient en quelques minutes la grue de Sadako, ils sont tous attentifs et replient aussitôt une grue sans que je fasse une seconde démonstration, ils ont une soif d’apprendre extraordinaire. La veille, j’ai promis d’apporter mon MP3 pour qu’il puissent écouter de la musique française. Aussi, à la fin de la séance, j’ai prévu de garder 15 minutes pour cette activité.

On termine donc la séance en musique. Malheureusement, je n’ai beaucoup de variété française sur mon MP3. Mais c’était sans compter sur l’album de Vianney que j’ai téléchargé il y a quelques temps. Je cherche une chanson avec un refrain simple que je puisse traduire, pour qu’ils puissent comprendre les paroles. Un rythme simple, entraînant et bien facile. En plus, « Pas là » est une chanson qui tourne en boucle en ce moment sur les radios françaises. On écoute la chansons et ils commencent à chantonner le refrain, je pense que je ne vais pas avoir trop de mal à leur apprendre.

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