David et Nil : Carnet de voyage volume 9

Lundi 9 Novembre : à l’approche de la Diwali

Aujourd’hui nous ressentons la ferveur de la fête de Diwali montée dans la ville. La Diwali est une fête très populaire en Inde c’est celle des lumières, à l’occasion de laquelle on s’offre des cadeaux et pendant laquelle on tire des feux d’artifice. Les festivités durent cinq jours, dont le troisième, le plus important (« Bari Diwali »), est consacré à la déesse Lakshmi. Ce jour est aussi le dernier de l’année du calendrier hindou, utilisé dans le nord de l’Inde. Le lendemain, début de la nouvelle année hindoue, est connu sous le nom d’Annakut dans le nord de l’Inde.

Toutes les échoppes et les maisons commencent à revêtir leurs habits de lumières. Les feux d’artifices et les pétards se multiplient à Dehra Dun et dans toute l’Inde du Nord. Aujourd’hui nous sommes la veille de la petite Diwali mais on sent déjà l’excitation montée. Nous nous rendrons à partir de mercredi à Haridwar la ville sainte où le Gange sort de l’Himalaya pour vivre l’expérience de la grande Diwali. Au moment ou je rédige mon récit journalier les feux se font entendre partout autour de moi. Imaginez un premier de l’an et cela vous donnera une idée de ce que nous vivons en ce moment. J’aurai l’occasion de vous raconter notre Diwali à Haridwar qui s’annonce exceptionnelle.

Plus beaucoup de temps avec les enfants

Nous n’avons plus que trois jours au centre avec les enfants avant notre départ samedi matin. La fête coupe le calendrier scolaire et les enfants seront avec leurs familles dans le bidonville pour l’occasion mercredi et jeudi avant de retourner à l’école vendredi. Nous n’avons plus beaucoup de temps à passer avec eux et je souhaite terminer mes activités avant mon départ pour d’autres aventures.

Un premier contact éprouvant avec le bidonville

Avant l’ouverture du centre, Nicole souhaite me donner un avant goût du bidonville où nous devons nous rendre pour visiter les familles vendredi. Le bidonville est tout proche, il suffit de passer un pont sous lequel coule une eau croupie dans laquelle s’amoncellent des immondices. Il faut le voir pour y croire : l’indigence est au delà de ce que l’on peut s’imaginer. Sur le pont nous rencontrons une ancienne élève du centre qui a quitté l’an passé l’association. Elle tombe dans les bras de Nicole trop heureuse de la rencontrer.

Malheureusement, cette jeune fille erre à présent dans le bidonville du haut de ses 14 ans en attendant qu’elle soit promise à un homme. Elle nous encourage à la suivre chez elle, nous la suivons vers le bidonville en direction d’un monde qui m’est encore inconnu. Nous pénétrons dans une étroite ruelle en évitant les cochons qui fouillent dans le caniveau à la recherche d’aliments. Au fond d’une cour nous arrivons devant trois petites cabanes recouvertes de tôles dans lesquelles vivent des familles.

La jeune adolescente nous fait pénétrer dans sa cabane, où loge ses trois frères ses deux sœurs et sa mère. Tous sont en dehors de l’habitation mais la promiscuité laisse imaginer la vie à l’intérieur où trône un seul et unique lit servant à toute la famille. Je comprends alors dans quel environnement vivent mes petits anges avec qui je partage ma vie depuis ces quelques jours. J’appréhende la visite du bidonville avec eux vendredi prochain. Je sais qu’ils seront heureux de me montrer leurs maisons et que je devrais être fort pour ne pas flancher devant le paupérisme extrême de leurs situations.

Je dois me préparer à me rendre chez eux, d’autant que je vais les quitter à l’issue de la visite du bidonville. Ils resteront dans le slum et je continuerai mon chemin à travers l’Inde pour d’autres découvertes. Avant l’échéance, il me reste deux jours pour finaliser mon programme d’activité.

Aujourd’hui, atelier peinture sur papier

Aujourd’hui, j’ai prévu de réaliser de la marbrure sur le papier que les enfants ont fabriqué la semaine passée. Seulement nous sommes en Inde et évidemment il va falloir s’adapter à la dernière minute. Ma préparation avec le dissolvant et les encres ne donnent pas le résultat escompté, il faut donc improviser à la dernière minute et je tente la peinture sur le papier. Je n’ai jamais fait ça au musée par crainte que la peinture n’adhère pas sur le papier recyclé mais là j’ai pas le choix.

Finalement les enfants réalisent de la peinture et le résultat me surprend. Je suis ravi et certaines productions vont revenir avec moi en France pour l’exposition de février. Ce sont les plus grands qui réalisent les meilleurs créations et j’apprécie tout particulièrement le travail de Rohit et de Raoul. Ils me font une interprétation de la religion hindouiste très intéressante que l’on pourra exploiter pour l’exposition « Textures d’Inde ».

Vous pourrez en apprécier le résultat en février. Pendant ce temps, Nicole et Dominic distribuent les vêtements envoyés par une bénévole suisse. Jean Pierre termine son atelier menuiserie par la peinture des boites. Il se retrouve entouré des grands du centre qui badigeonnent joyeusement les boites en bois. L’après midi se termine dans la hâte de se retrouver le lendemain.

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