David et Nil : carnet de voyage volume 4

Mardi 3 Novembre : Apprendre à maîtriser les aléas locaux

Aujourd’hui j’ai prévu de faire du papier avec les enfants. Pour cela, j’ai besoin d’eau et d’électricité pour faire fonctionner mon mixeur. La veille, nous avions récupéré du papier chez le chiffonnier donc tout semblait prêt pour réaliser l’atelier avec les enfants. C’était sans compter qu’il n’y a pas l’eau courante au centre et que l’électricité fonctionne très aléatoirement ! L’eau coule de 18h à 19h, il faut donc faire une réserve d’eau chaque soir, j’en aurais cependant suffisamment pour faire l’atelier tout en laissant les ¾ de la réserve à la cuisinière pour qu’elle fasse le repas des enfants.

L’après midi sera chargée aujourd’hui, je dois faire l’atelier avec les 3 groupes pendant que Jean Pierre réalise un atelier de menuiserie avec les plus grands en alternance sans compter la visite du dentiste qui vient contrôler l’état sanitaire des dents des enfants. Ce dernier devra juger sur place si certains d’entre eux doivent se rendre au cabinet dentaire pour des soins durant la quinzaine.

Atelier création de papier

Je commence donc à faire l’atelier avec les plus petits, seulement n’ayant aucun confort il faut trouver le moyen de m’adapter aux conditions de travail. Une chaise en plastique servira de table, une bassine achetée la veille servira de contenant et on déplacera le matériel pour brancher le mixeur à la prise pour broyer le papier préalablement déchirée par les enfants. Dans un espace de 10 m2, il faudra aussi trouver de la place pour mettre les papiers à sécher pendant 3 jours, un vrai parcours du combattant !

Les enfants sont aux anges, ils découvrent comment faire du papier avec des vieux bouts de papiers qu’ils déchirent avec plaisir en les faisant tremper dans l’eau, tous sont autour de l’installation précaire mais ne semble pas se soucier de l’inconfort, ils rient et se chamaillent et c’est bien l’essentiel. Nous déplaçons ensuite l’installation à côté de la prise électrique pour brancher le mixeur, après une brève présentation du fonctionnement de l’appareil les enfants essayent à tour de rôle le broyage du papier, ils s’amusent à éclabousser les copains car le mixeur fait voler l’eau et le papier.

Et au milieu… la panne électrique

Bien évidemment, j’ai eu le droit à la coupure électrique au moment de mixer le papier et là vous vous rendez compte à quel point vous êtes tributaire de l’électricité. Seulement, en Inde la coupure électrique peut durer 5 minutes comme la journée entière et dans ce cas vous faites quoi ? Il faut improviser en espérant que le courant revienne. Je reste optimiste et j’improvise, je demande aux enfants ce qu’ils écoutent comme musique et pendant les 5 minutes de coupure on discute des goûts musicaux indiens et occidentaux. Heureusement l’électricité revient et on reprend l’activité.

Une fois l’étape terminée, il faut reconstituer la feuille à l’aide du tamis avec la pâte que nous avons préparé. Je montre la technique aux enfants qui s’émerveillent à la vue de la feuille qui vient de naître sur le tamis, une fois l’essorage réalisée reste à décoller la feuille sur une bâche plastique pour le séchage qui risque de durer plusieurs jours. Quel plaisir de les voir sourire heureux d’avoir réalisé par eux même une feuille de papier.

Changement de perspective

Je réalise à ce moment là que ce projet de bénévolat qui me tenait tant à cœur prend toute sa signification lorsque j’observe les yeux pétillants des enfants. Je me félicite d’avoir fait ce voyage jusqu’à eux pour leur offrir ce petit moment de bonheur dans leur existence bien difficile. Je prends conscience aussi que cette expérience va me changer et que je ne serai pas le même à mon retour en France. J’attends avec impatience les prochains jours car je sais que des liens vont se créer entre les enfants et moi et qu’au terme de la quinzaine ce sera un déchirement de les quitter.

Nous repartons du centre avec Nicole, Jean Pierre, Dominic et moi même après avoir pris la traditionnelle photo avec mon copain Nil. Les enfants repartent dans le bidonville dans leurs familles respectives et nous nous partons à notre hôtel ! situation étrange mais que pouvons nous faire de plus, il faut accepter l’inacceptable et se convaincre que ce que l’on fait pour eux et déjà considérable.

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