David et Nil : Carnet de voyage volume 6

Une journée entre géographie et mariage indien !

Une nouvelle journée s’annonce, avec son lot de découvertes. Nous commençons la journée par l’impression de nos billets de trains ! Bâl le chauffeur sikh nous aide dans nos démarches. Il est loin de Dehra Dun mais nous échangeons par mail et téléphone, ce qui facilite la tache. Il obtient nos billets le plus simplement du monde, contrairement aux dires de l’agence de voyage. Nous quittons l’hôtel vers 11h pour nous rendre à pied au centre à côté du bidonville. Cela fait plusieurs jours que nous traversons le centre ville de Dehra Dun, mais je n’arrive toujours pas à me repérer dans ce dédale de rues engorgées.

Nous traversons le quartier des échoppes de boucherie et poissonnerie enfin si on peut dire, puis arrivons dans le quartier que l’on pourrait appeler papetier. Il s’agit en fait d’échoppes, où l’on trouve des fournitures de bureau, du papier, des imprimeurs et surtout la magnifique petite échoppe d’un imprimeur traditionnel. Il travaille avec ses lettres de caractères et imprime sur sa presse qui date du début du XXe siècle voir fin XIXe siècle : un vrai régal.

Aujourd’hui, c’est géographie…mais pas seulement !

Nous arrivons au centre à 13h30, le temps d’avaler un sandwich et les premiers enfants arrivent. L’après midi sera encore chargée. Nicole doit amener les plus grands au dentiste pour un détartrage de dents, tandis que Jean Pierre poursuit son atelier menuiserie. Il souhaite réaliser des boîtes dans lesquelles les enfants pourront ranger les outils et le matériel de petites quincailleries.

Pour ma part, j’enseigne aujourd’hui la géographie et je fais découvrir les richesses du territoire angoumoisin et charentais. Je commence avec les petits, muni d’une carte du monde, d’un tableau blanc et de mon powerpoint. Je présente les différences entre l’Inde et la France aux enfants encore une fois ils sont très attentifs, à en faire pâlir plus d’un enseignant en France. Ils posent sans cesse des questions. J’explique grâce aux images que j’ai préparé, les différences de paysages entre leur région et notre Charente.

Ils découvrent pour la première fois des vignes, je montre une photo aérienne d’Angoulême où l’on peut voir la cathédrale, l’hôtel de ville la vallée de la Charente et le Musée du Papier. J’explique la différence entre nos églises et leurs temples, ils sont si curieux qu’ils est difficile d’étancher leur soif de connaissance. J’explique également aux enfants que l’on peut rapidement se rendre sur la côte pour profiter de l’océan atlantique en 1h30 car nos routes ne sont pas encombrés comme les leurs.

Des enfants avides de connaissances

Dashrat, l’un des enfants, me demande si Angoulême est aussi polluée que Dehra Dun. C’est surprenant pour un enfant de 8 ans. Cependant les enfants ont déjà bien conscience que leur environnement n’est pas sain et que la pollution est néfaste. Je recommence ma présentation avec les moyens et les grands en fin d’après midi.

Comme je n’ai pas le temps de terminer et que les enfants me posent des questions, je décide de renouveler l’expérience le lendemain en proposant qu’ils me posent les questions qu’ils souhaitent sur notre mode de vie. Une nouvelle journée se termine et les enfants traînent les pieds pour ne pas quitter le centre alors que la nuit tombe et qu’il est l’heure de se quitter.

On part à l’aventure

Nous rentrons à l’hôtel avec Nicole et Jean Pierre après une journée bien fatigante. Comme chaque soir le bruit et la musique commence à raisonner autour de nous. Il semble que ce soir la musique indienne soit plus présente qu’en temps normal. Nicole me demande si je veux venir avec elle voir ce qui se passe, Jean Pierre préfère se reposer un peu après notre journée de labeur. Nous quittons l’hôtel et nous nous laissons guider par la musique, nous marchons et arrivons devant une réception.

Sans trop savoir ce qui se passe nous nous dirigeons à l’intérieur sans nous poser de questions. Une scène improbable se déroule devant nos yeux nous sommes rentrés dans un mariage indien ! Dans un environnement fastueux, le marié attend sur son cheval pour rentrer dans la réception, avec milles lumières autour de lui. Les invités introduisent le marié par des danses et des chants festifs. Je n’ai jamais eu l’occasion de voir ça et n’en perd pas une miette !

Un mariage indien de toute beauté

Nicole a eu le temps de se changer, pour ma part je porte toujours mes vêtements que j’avais au centre. Je me sens un peu mal à l’aise avec mon jean et mon pull, mais visiblement cela n’a pas l’air de les gêner. Je pense que notre origine européenne a joué en notre faveur, le marié nous a bien sûr remarqué mais ne semblait pas inquiet et nous a laissé profiter de la fête. D’ailleurs nous ne pouvions pas être plus près du marié : il était vêtu de l’habit traditionnel indien avec son turban ses attributs guerriers à la ceinture et sa tunique blanche brodé.

Nicole et moi même sommes surpris par l’élégance des convives, nous avons bien compris que nous venons de nous inviter dans un mariage d’une caste très élevée. Je réalise en écrivant ces lignes que nous avons eu de l’audace de nous inviter de la sorte, mais Nicole et moi même étions aussi attirés par la beauté de cet environnement. A force de squatter aux côtés du personnage principal, l’un des convives vient nous chercher et nous emmène au centre de la danse en nous invitant à danser avec lui. La scène est improbable et ne nous laisse pas le temps de nous poser de questions.

Dans le saint des saints…

Nous arrivons à nous éloigner un peu et décidons de nous rendre au buffet, après tout maintenant que nous sommes introduits et que nous sommes des amis proches du mariés on peut bien aller manger après toutes ces émotions. Nous grignotons un peu des spécialités indiennes, puis en déambulant dans le parc, nous apercevons une arche qui conduit vers un lieu où il semble se passer quelque chose. D’un naturel déconcertant Nicole et moi décidons d’un pas décidé de nous d’assister à cette nouvelle réception.

Nous rentrons dans le saint des saint, le marié est assis avec toute sa famille sur un trône et les convives sont installés autour de tables et de canapés. Nous nous installons de nouveau, on vient nous servir à boire et à manger que nous refusons, il faut pas abuser non plus ! Au bout de quelques minutes, une scène surréaliste se produit. Nous croisons le regard d’un indien que j’ai l’impression de connaître. Nicole me fait la même remarque et nous cherchons où nous l’avons vu. Dans un pays d’un milliard 300 millions d’habitants, nous avons peu de chance de trouver qui est cet homme qui nous sourit l’air amusé. Dans un éclair de génie Nicole me dit « David c’est l’épicier du coin où nous allons faire nos courses », aussitôt nous partons dans un fou rire incontrôlable au point d’en pleurer.

En fait, vous le connaissez vous aussi cet épicier ! Nil va faire ses courses chez lui et évidemment, mon compagnon de route à voulu se faire prendre en photo avec lui.


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