David, Fridgeir et Nil | Guelendjik | #5

Jeudi 8 septembre 2016

Ce matin le départ est prévu à 10h pour Dzhankhot, petite ville le long de la mer Noire pour la visite de la maison de l’écrivain Korolenko. Nous quittons Guelendjik pour profiter de la montagne et la forêt du Caucase. Il ne nous faudra pas plus de 30 minutes pour arriver dans ce havre de paix entouré de pins et à l’abri du bruit de la métropole.

Madame la Directrice des musées de Guelendjik dans son bureau

Nous nous délectons de l’ambiance apaisante dans laquelle nous accueille la Directrice du musée de Guelendjik dont dépend la maison musée de Korolenko. A ses côtés, l’adjointe de la ville locale et le guide nous encouragent à les suivre à l’entrée du parc de la maison. Au pied d’une magnifique datcha en bois peinte en vert, se trouve un énorme cèdre dont l’espèce très rare mérite quelques explications. Le cèdre vieux de plus de 130 ans, fait partie d’une espèce dont seul subsistent 250 spécimens à travers le monde !

Il nous faut à présent marcher à travers bois pour grimper quelques centaines de mètres plus haut afin d’apercevoir une remarquable bâtisse. Construite à la fin du XIXème siècle, elle ressemble à s’y méprendre aux maisons de la ville d’hiver d’Arcachon. De style éclectique, la maison possède un charme fou et son environnement avec les montagnes environnantes lui donne encore plus de majesté. Il règne ici une plénitude et un sentiment de bien-être incroyable, on s’attendrait presque à voir l’écrivain Korolenko sortir de la maison pour nous accueillir, comme savent si bien le faire les russes. Le guide nous invite à rentrer dans l’édifice afin de nous donner les détails de la vie de l’écrivain, grâce à ses objets personnels conservés dans les lieux. Je sens une odeur toute particulière dans la maison que je ne saurai décrire, un parfum d’ambiance passée semblable à la cire du sol peut-être, mais cela me rappelle des souvenirs d’enfance, une vraie madeleine de Proust. La visite se poursuit au rez-de-chaussée avant de prendre l’escalier en bois aux balustrades ajourées et richement décorées. Le premier étage s’ouvre sur un petit couloir qui distribue trois petites pièces. Sur la gauche se trouve le salon avec le piano et la table de travail de l’écrivain, une table d’échec trône, près du divan, réalisée par des anciens élèves du Lycée de Sillac à Angoulême. Étonnante histoire que nous narrent Véra et Lyuba que l’histoire de cette table commandée par le musée pour la maison de l’écrivain. Une jolie table marquetée qui ne dénature pas le moins du monde avec l’ambiance intime de la pièce. Nous nous dirigeons ensuite vers la chambre des enfants avant de pénétrer dans la salle à manger où comme toujours en Russie, se dresse le Samovar.

Un décor d’opéra pour prendre le thé en charmante compagnie

Après quelques déambulations, la Directrice du musée de Guelendjik et de la maison de Korolenko, nous invite à nous rendre à l’extérieur où nous attendent le thé. Nous pénétrons sur la terrasse et là quelle merveille ! Un décor d’opéra s’ouvre devant nous, la balustrade en bois, les boiseries travaillées peintes en blanc et la glycine qui grimpe le long de l’ouvrage nous plonge en plein XIXème siècle ! Au milieu de la terrasse a été dressée la table avec un magnifique service de porcelaine et tout cela nous laisse sans voix. J’imagine la même scène avec l’écrivain et sa famille invitant ses amis russes et français comme le souligne la directrice, vivre la même scène un siècle plus tôt, je ressens à ce moment là tout le poids de l’histoire et tous, Fridgeir, Jacques et moi-même nous sentons privilégiés de vivre un tel moment avec nos amis russes. Fridgeir profite de la pause thé pour déambuler seul dans la maison afin d’en saisir son âme. Nous avons eu cette fois-ci le temps de vivre le moment présent et nous en remercions nos hôtes.

Avant de repartir, nous faisons un point sur l’organisation de l’après-midi. Jacques va nous quitter pour se rendre à l’école d’art « Eldorado » pour un master class pendant que Fridgeir et moi-même retournerons au musée de Guelendjik pour retrouver la directrice et visiter plus en détails l’établissement. L’après-midi est donc consacré à la visite du musée et à ses coulisses. La directrice nous accompagne et nous échangeons sur nos modes de travail. Le service administre trois lieux, le musée de la ville, la Batterie Zoubkov (site militaire de la seconde guerre mondiale) et la maison de Korolenko. 58 personnes travaillent à faire vivre les établissements et les collections ou quelques 90 000 objets sont conservés. J’échange avec la directrice sur les méthodes d’inventaire et elle me montre gentiment le logiciel de saisie des collections dont le musée est équipé. Je me rends compte que nos pratiques sont similaires et que les moyens russes sont les mêmes que les nôtres. Un après-midi riche en enseignement que je ne suis pas près d’oublier.  

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