L’histoire du Musée d’Angoulême
Depuis près de deux siècles, le Musée d’Angoulême n’a cessé d’évoluer au rythme des dons, des découvertes et des grands chantiers. De ses origines au XIXᵉ siècle à son visage actuel, chaque étape de son histoire a façonné un lieu ouvert sur le monde, riche de collections variées et d’innovations muséographiques. Cette frise chronologique retrace les moments clés qui ont marqué la vie du musée et son ancrage au cœur du patrimoine angoumoisin.
1838
François Ringuet, peintre et collectionneur né à Angoulême, fait don à la ville de 10 toiles qui vont constituer le fonds primitif du musée. Ces œuvres, de qualité inégale, sont pour certaines exposées dans les salles du musée.
1868
Les autorités du Second Empire et la République envoient à Angoulême des toiles primées dans les salons parisiens. Ces œuvres sont tout d’abord conservées dans les greniers de l’Hôtel de ville de l’époque, dont les bâtiments ont aujourd’hui disparu.
Le 15 août 1869, un musée est ouvert au public dans une des salles du rez-de-chaussée du nouvel Hôtel de ville construit par Paul Abadie Fils.
Le premier conservateur / directeur du Musée est Louis-Edouard May, également peintre, qui léguera ultérieurement plusieurs de ses œuvres au Musée.
Le Musée restera à cet emplacement entre 1869 et 1920.
Feuilletez le catalogue du musée daté de 1870
1920
Le 12 septembre 1920, un nouveau musée ouvre ses portes dans l’ancien évêché d’Angoulême. Il présente de la peinture, de la sculpture et de l’archéologie. Le musée n’occupera que deux ailes du bâtiment, les ailes anciennes. Les ailes administratives, construites au début du XIXe siècle pour la préfecture, continuent d’abriter d’autres structures (musée de la mutualité, stockage de mobilier et de matériel appartenant à la ville).
1934
Le Dr. Jules Lhomme (1857-1934), médecin et notable de La Rochefoucauld, qui rassembla très tôt, dans le dernier quart du XIXe siècle, d’importants objets d’art et d’ethnographie provenant de toutes les parties du monde : Afrique (Maghreb, Afrique Noire, Madagascar) ; Asie (Inde, Indonésie, Indochine, Chine et Japon) ; Océanie (Mélanésie, Polynésie) ; Amérique (Pérou, Mexique, Brésil, Canada, Alaska et Caraïbes) lègue cette collection à la ville d’Angoulême.
Angoulême possède de fait dès cette date une des meilleures collections françaises d’art africain et océanien par le nombre (3 243 pièces) et la qualité des pièces conservées. La présentation de cette collection, faite par le conservateur de l’époque, le sculpteur Emile Peyronnet, est inaugurée le 17 janvier 1935.
De plus, le Dr. Lhomme léguera également une importante collection d’archéologie charentaise provenant principalement de l’héritage de son oncle, Jean Fermond, pionnier de l’archéologie charentaise et inventeur de nombreux gisements.
1983
Des travaux prennent place entre 1979 et 1983 dans les ailes du XIXe siècle occupées jusqu’en 1972 par l’école des Beaux-arts et aboutissent à l’ouverture au public de la totalité du bâtiment. Le musée acquiert ainsi de nouveaux espaces d’exposition permanente, une salle d’expositions temporaires, des salles d’animation ainsi que des réserves.
2001
Les nombreuses collections arrivant au musée, l’évolution de la muséographie, la montée en puissance des propositions faites au public, les nouvelles normes de sécurité et d’accessibilité des édifices publics, mais aussi l’exigence nouvelle des visiteurs de plus en plus avertis, font sentir dès les années 90 la nécessité d’une rénovation du musée.
La réflexion sur la réfection du centre ancien d’Angoulême et sur les missions culturelles de la Ville vont amener, en 2000, l’équipe municipale à décider, avec l’approbation de l’État, de rénover le musée dans son ensemble. Les travaux, menés par l’équipe d’architectes Stéphane Barbotin-Larrieu et Paul Gresham, prennent place entre 2005 et 2008.
Vous pouvez feuilleter l’album photographique de ce grand chantier.
2008
Le 1er mars 2008, le musée des beaux-arts d’Angoulême rouvrait ses portes sous une nouvelle appellation : « Le Musée d’Angoulême ».
Durant le week-end, plus de 3 000 personnes viennent découvrir le lieu. Dans une joyeuse bousculade, le public parcourt les 1 700 m² d’exposition pour apprécier les milliers d’œuvres présentées.
Un nouveau nom pour signifier à la fois le nouveau visage architectural du lieu mais également le renouveau de son contenu au sein duquel trois collections se sont vues mises sur un pied d’égalité. Le musée actuel a permis en effet la mise en valeur, dans un espace pleinement exploité et rationalisé, de ses collections très diversifiées.
2018
Dix années se sont écoulées depuis la conception d’un parcours mêlant une approche chronologique des collections et la création d’ambiances telles celle du salon du collectionneur ou l’atelier du peintre charentais.
Un nouvel accrochage des collections occidentales est proposé, l’approche se veut radicalement différente avec une toute nouvelle manière de présenter les collections faisant fi de la chronologie pour profiter des regroupements d’œuvres thématiques.
2023
Inauguration du Musée 3.0
Intégration de nombreux équipements numériques (vidéos, sons, animations, casques virtuels, …) dans les différents espaces du Musée pour une immersion plus grande du public, une amélioration du discours pédagogique et une meilleure compréhension des différentes périodes, cultures ou catégories d’objets présentés.
2025
Transfert des collections du Musée de la SAHC au Musée d’Angoulême
Après plusieurs années de tractations, il a été conclu à un transfert officiel des collections archéologiques et historiques de la Société Archéologique et Historique de Charente vers celles du Musée d’Angoulême qui pourra les conserver de façon plus pérenne, en faciliter l’accès pour le public et le monde scientifique, et valoriser au mieux ces milliers d’artefacts acquis depuis plus de 180 ans par la SAHC, acteur scientifique majeur du territoire.
